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sexta-feira, 14 de novembro de 2008

degradação moral e física, individual e colectiva


Blindness, Fernando Meirelles (2008)


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PLEIN SOLEIL

Fernando Meirelles n’est pas le premier grand réalisateur à manquer son rendez-vous avec le cinéma d’anticipation. François Truffaut, avant lui, avait signé une pâle adaptation de Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, n’en déplaise aux amoureux de la Nouvelle Vague, alors que David Lynch s’était perdu dans les atermoiements de la production de Dune. Avec Blindness, le cinéaste brésilien décrit un monde en pleine déliquescence, victime d’une épidémie de cécité qui pousse les gouvernements à des mesures radicales. Raconté en trois actes très inégaux – la propagation du fléau, le camp concentrationnaire, l’errance dans la mégalopole -, le nouveau film de l’auteur de La Cité de Dieu lorgne du côté du cinéma très noir de Lars von Trier, en reprenant notamment le gimmick d’une voix-off distancée et moralisatrice. La farce métaphorique s’enfonce ainsi dans les clichés, même si le personnage de la madone protectrice, incarnée par la toujours parfaite Julianne Moore, donne un peu de nuance à cette vision misanthropique de l’âme humaine. Les artifices de mise en scène utilisés ça et là – comme lors de la scène du viol collectif – accentuent même le malaise de cette démonstration beaucoup trop lourde pour convaincre. Reste une dernière demi-heure qui confirme le talent visuel du réalisateur de The Constant Gardeneret imprime durablement la rétine. Dommage que Fernando Meirelles n’ait pas abandonné plus tôt sa parabole concentrationnaire pour cette odyssée apocalyptique aux impressionnantes fulgurances.
par Yannick Vély