terça-feira, 3 de março de 2009

Le cinéaste expérimental Kirchhofer


Quart d'heure expérimental

Magazine. Le cinéaste Kirchhofer ou l'art de faire planer le spectateur.

par Louis SKORECKI

Arte, 1 h 20 (rediffusion vendredi à 14 h 30). «Court-Circuit (le magazine)», avec un hommage à Patrice Kirchhofer.


C'est qui, Kirchhofer ? C'est l'anti-Cannes absolu, l'un des maîtres de l'expérimental français. De l'underground, de l'acide, du différent, de ces cinémas parallèles qui ont droit de cité aux Etats-Unis grâce à quelques figures glamour : Warhol, Mekas, Anger, Brakhage, ou encore Robert Frank. Mais en France, qui ? A part Isou, Lemaître, ou Guy Debord, grands maîtres gonflants du lettrisme et du postlettrisme, on ne connaît personne. Arte et Nicole Brenez, la papesse du cinéma bis, remettent les pendules à l'heure avec ce quart d'heure Kirchhofer. En vingt secondes, on plane rien qu'avec ce mélange inédit de vitesse, de ralentissement, de distorsion. Le coeur bat la chamade, c'est gagné.

On a peur, et c'est tant mieux. Dans les épisodes de Chromaticité et de Sensitométries qu'on voit ce soir, ça défile à la vitesse de la lumière. Kirchhofer n'aime rien d'autre, depuis trente-cinq ans qu'il bricole ses films d'animation (ses premiers essais sur pellicule) et ses miniatures autoproduites à la maison, que mettre le spectateur dans un état. Un état ? Quel état ? Juste vous mettre dans un état, ça lui suffit. Vitesse, sédimentation, ressassements postexpressionistes, tout y passe. Comme dans cet épisode célébrissime de Chromaticité (célébrissime dans un cercle restreint d'initiés, pour lesquels Patrice K. est un gourou), où un homme monte et remonte le même escalier. Effet de répétition, cauchemar fiévreux, réminiscences du Nosferatu de Murnau. Il n'est pas indifférent que cet homme qui monte l'escalier soit Dominique Noguez, écrivain mondain très prisé, qui fut dans une autre vie le meilleur spécialiste du cinéma expérimental français, et qui sut dans cette autre vie reconnaître en Patrice K. l'égal d'un Mekas ou d'un Brakhage.

Sem comentários: